Nicole

Jany, notre grande sœur, ma grande sœur, tu t’en es allée en douceur.

Je veux croire que dans la nuit et le silence qui t’enfermaient de plus en plus depuis ton AVC, tu l’as choisi puisque depuis plusieurs semaines tu refusais souvent la nourriture.

Une sorte de consentement à mourir ; sereinement, je l’espère très fort.

Quand je regarde ton portrait posé sur ton cercueil je me dis que nous t’avions perdue depuis longtemps.

Tu n’étais plus toi.  

De toi nous garderons ta volonté et ta force pour faire face à 19 ans à la maladie et à la souffrance, ta résistance à la frustration, ton immense générosité, le soin que tu as pris de Papa et Maman vieillissants, ton besoin de perfection lié à ton métier de relieuse d’art puis de professeur et tous les talents que tu avais dans tes dix doigts et dont tu faisais bénéficier les autres que ce soit par tes incroyables gâteaux d’anniversaire ou par tes miracles de réparation en couture.

Et puis, ta franchise, ta finesse d’esprit et ton humour parfois vachard.

Et dans ta vie assez solitaire, ton amour des enfants et ton bonheur pendant ta retraite d’avoir accompagné pendant près de 20 ans, depuis leur naissance, 4 de tes petits neveux et nièces tout en accordant de l’attention aux autres.

Tu es la première de notre fratrie de cinq à partir. Tu es notre aînée ; tu venais d’avoir 88 ans. Ce qui est une belle performance pour quelqu’un que la maladie a failli emporter à 19 ans!

Les textes que nous avons choisis pour te rendre hommage et te confier à  Dieu nous semblent être à ton image pour t’accompagner dans ta nouvelle vie, éternellement heureuse.

Nicole